Deux yeux pour voir, quatre jambes pour pédaler jusqu’en Inde

Publié le : 26 octobre 20234 mins de lecture

Mila, plus ou moins 15 mille kilomètres sur la selle d’un tandem : de Schio (Vicence) au bout du monde en passant par les Balkans, la Turquie, l’Iran, les anciennes républiques soviétiques, la Chine, le Pakistan et l’Inde. Pourquoi en tandem ? Parce que Simone, 25 ans, est aveugle, Dino, 32 ans, est son guide. Simone Salvagnin et Dino Lanzaretti partent le 3 juin, mais l’aventure a commencé il y a huit mois. Simone et Dino se sont rencontrés lors d’une fête d’anniversaire. C’était une coïncidence, puisque Dino travaille comme ouvrier d’usine pendant six mois et voyage autour du monde sur son vélo pendant les six autres mois de l’année. En matière d’originalité, Simone ne plaisante pas non plus : musicien, il joue des instruments de percussion.

Les deux hommes découvrent qu’ils partagent une passion pour les voyages et le vélo. Quelques balades tranquilles sur les plateaux vénitiens et la proposition de Dino jetée là entre enthousiasme et rêve. « Et je l’ai accepté, sans trop y penser – répond Simone – Et nous voilà partis pour un voyage au cours duquel nous rencontrerons des lieux et des personnes et où nous en saurons plus sur nous-mêmes ».

Dino : le grand voyageur

Pour Dino, voyageur (dans son curriculum aussi les ascensions de l’Anapurna, de l’Everest, de l’Aconcagua), et le seul italien à avoir traversé le Tibet en solitaire, deux défis : être en compagnie et en plus d’une personne handicapée : « Seul, j’avais atteint de nombreux objectifs, mais je me sentais très individualiste. Je cherchais une nouvelle façon de voyager, de me confronter à moi-même. Et j’ai rencontré Simone et j’ai compris ce que je voulais. Je peux d’ores et déjà dire que je n’échangerais ce voyage contre aucun autre 8mila ». « Simone ne peut pas conduire le tandem, mais sinon il est absolument autonome -continue Dino-. Je n’ai pas d’expérience spécifique avec les personnes handicapées, je vais simplement utiliser mon expérience ».

Simone : aveugle mais autonome

Pour Simone, ce n’est pas la première fois qu’elle part en voyage sac au dos « Mais jamais aussi longtemps, presque sans but. Malgré la rétinite pigmentaire, j’ai toujours continué à faire ce que j’aimais : escalader des montagnes, faire du vélo, cuisiner et voyager. Je vis avec ma mère Dina et mon frère Tommaso, mais je suis autonome. Quinze ans après le début de la maladie qui m’a rendu aveugle aujourd’hui, je fais les mêmes choses, seul le mode a changé ».

Le tandem et l’équipement

Dans ce voyage les deux amis de Schio ont un équipement de base : un tandem avec un trolley pour les bagages sur lequel est installé un panneau solaire pour recharger les batteries de l’ordinateur personnel, des téléphones, de l’appareil photo. « Nous avons une tente pour la nuit et un réchaud pour cuisiner et puis nous comptons sur l’hospitalité des gens qui sont toujours si généreux en échange de quelques histoires de voyage. Cette fois, avec Simone, nous montrerons également que le handicap n’est qu’une limite mentale ». « Nous apporterons avec nous la Charte des droits de la personne handicapée et nous avons l’intention de la faire signer par les personnalités politiques des pays traversés », ajoute Simone.

En total 20 mille euros

Combien d’argent aurez-vous dans votre poche ? « L’expédition coûtera environ 20 mille euros, entre le matériel et les visas. Nous aurons très peu d’argent dans nos poches. Mes voyages ont toujours été peu coûteux : j’ai traversé le Tibet en cinq mois en dépensant 380 dollars ».

Que craignez-vous lors d’un voyage comme celui-ci ? « Tout. Mais si vous avez peur de la peur, vous ne vivez pas », répondent-ils presque en chœur.

Vous voyagerez dans des pays où il y a des troubles politiques et sociaux. « Nous nous tiendrons au courant grâce à Internet. Nous avons des sites et nos sources locales qui nous tiennent informés si nous pouvons entrer dans une certaine zone ou non ».

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